Différence de salaire entre femmes et hommes : encore des progrès à faire pour OGF

Depuis le 5 novembre, comparativement aux hommes, les femmes travaillent gratuitement jusqu’à la fin de l’année. Et à OGF, on en est où de l’égalité salariale ?

En 2018, la première entreprise du funéraire de France a obtenu le “merveilleux score” de 94/100 en suivant le barème du Ministère du Travail Egapro. Comme l’indique le PDG du Groupe, il s’agirait “d’un résultat bien au-dessus de la note moyenne des entreprises qui s’élève à 80/100“.

Mais à la CFDT, on creuse toujours un peu plus la question pour ne pas rester à la surface de la communication patronale. D’abord, il faut rappeler ce qu’est ce fameux “index de l’égalité hommes/femmes” et ce qu’en dit la CFDT :

Sans surprise, la grande majorité [des entreprises de plus de 1000 salariés] qui ont publié a atteint le seuil de 75 sur 100, note minimum en deçà de laquelle les entreprises doivent prendre des mesures correctives. Pour autant, la CFDT ne considère pas qu’une note au-dessus de 75 soit un gage d’exemplarité absolue en matière d’égalité salariale ni un blanc-seing pour ne rien faire sur le sujet.

Nous restons relativement critiques dans la mesure où les catégories d’âges communiquées par la Direction d’OGF en 2018 aux élus du personnel ne correspondent pas aux catégories d’âges demandés par le calculateur EgaPro fourni par le Ministère du Travail. Les représentants du personnel ne peuvent donc pas vérifier l’exactitude des informations fournies. Il est donc tout à fait possible que la différence de ventilation des effectifs montre en réalité un écart plus grand que celui dont nous disposons ci-dessous. Nous préférons donc communiquer les écarts des catégories professionnelles pour lesquelles nous avons un taux de féminisation significatif (la catégorie ouvriers a par exemple un taux de féminisation de 3%, l’écart qui en ressort est donc peu significatif) :

  • Employés (fleuristes, administratifs, CF1) : écart de 4,8% sur le salaire moyen mensuel brut
  • CF2 : écart de 1,1% sur le salaire moyen mensuel brut
  • CF3 : écart de 6,1% sur le salaire moyen mensuel brut
  • Chef d’Agence : écart de 8,4% sur le salaire mensuel brut
  • Cadres (tous cadres confondus, y compris chefs d’agence) : écart de 10,4% sur le salaire mensuel brut

On remarque que pour la catégorie Employés, malgré un taux de féminisation de 80% marquant donc une très forte majorité de femmes, il y a néanmoins un écart de rémunération de 4,8%.

Pour la catégorie CF2 (taux de féminisation de 50%), la rémunération est globalement équilibrée. Puis l’écart augmente pour les CF3 et augmente encore pour les Cadres (34% de féminisation).

Depuis des années, et notamment depuis 2013, nous étudions les variations de salaires à OGF. Vous trouverez ci-dessous des schémas montrant l’évolution des écarts annuels.

Concrètement, en 2018, une Conseillère Funéraire Echelon 3 gagne en moyenne 2244€ de moins en salaire annuel brut que son collègue masculin (page 1). Pour les Cadres, les femmes gagnent en moyenne 5352€ de moins en salaire annuel brut que les hommes (page 2). Pour les Chefs d’agence, les femmes gagnent 3492€ de moins en salaire annuel brut que les hommes (page 3).

Cela confirme que même pour OGF, il reste encore du chemin avant de se féliciter d’une véritable égalité professionnelle.

Effectifs Toutes Catégories 20132019V3