Première ligne à 1000€ ou deuxième ligne à 2000€ chez OGF ?

Au mois de janvier, beaucoup étaient goguenards sur la pandémie du Coronavirus qui frappait la Chine ; la Chine qui, par ailleurs, a géré ce “mal” strictement mais peut-être pas en toute transparence. Puis il s’est approché de nos frontières et les a franchi.

Ce qui nous était lointain nous a explosé à la figure. Des anciens remémoreront un épisode sinistre en 2003 avec la “canicule”, et son cortège de morts sans cesse croissant, ce que nous vivons depuis peu dans certaines régions de France.

Le Covid19 tue sournoisement et sans distinction sociale. Ce qui explique que beaucoup d’entre nous viennent travailler la boule au ventre.

La Direction, prise au dépourvu -en 2009 lors de la crise de la grippe A (H1N1) plus de précautions avaient été prises en équipements- a surtout privilégié l’ouverture des Agences sous une notion de “service public” oubliée depuis des lustres. Voire des ouvertures d’agences immodérées, en “invitant” les enfants des salariés à partager leurs risques et peurs ; alors que les mesures gouvernementales privilégiaient la sécurité. Lesdits enfants ne bénéficient pas de la Subrogation tant demandée par notre syndicat ; comme pour leurs parents, hélas !

Depuis, la Direction d’OGF tente de rectifier le tir, composant avec les hésitations de l’exécutif.

Ne nous le cachons pas, cette volonté de préserver, voire développer, le Chiffre d’Affaires (C.A.) a plongé les Secteurs dans des gestions humaines mi-commandées d’en haut ou laissées à l’appréciation localement.

Combien de DSO fébriles n’avons-nous vu nous répéter “on verra quand on y sera”, attendant en piallant les directives de la Direction Générale ? Combien ont renvoyé balader nos militants sur les questions d’hygiène et de sécurité ? Combien d’autres enfin avaient saisi les enjeux sanitaires, sécurisé leurs personnels en ne dégradant pas le dialogue social ?

Le premier Secteur “sinistré” à la crise fut l’Alsace, où l’ouverture des Agences n’était plus de mise avec le risque clairement de mettre sa vie en danger. Plus de réception famille, même les hygiaphones et Équipements de Protection Individuelle ne sont plus suffisants à notre santé hypothétique.

Dans le silence des médias, nous nous organisions déjà.

Pourtant si prompts à exposer la profession sur ses pires travers, les médias nous avaient oublié quelque peu, en évoquant justement les “rôles” en première ligne des personnels soignants pour lesquels nous exprimons notre reconnaissance.

Puis le Chef de l’Etat reconnaît les “personnels” de deuxième ligne qui assurent l’essentiel de notre quotidien dont l’alimentation. Pour certains, notre position de “service public” est sûrement entre les deux….

Nous le martelons : bien que nous soyons en bout de chaine, nous sommes en première ligne !

Ces dévouements et prises de risque, que nous assurons tous les jours avec cette appréhension d’être contaminés, suscitent une certaine reconnaissance de l’Etat Français. Il invite par Ordonnance les employeurs “bienveillants” à verser une prime de gratification à leurs salariés. Elle est defiscalisée et sans charge Sociale et peut être versée jusqu’au 31 août à hauteur de 2000 Euros pour les Entreprises disposant d’un accord d’intéressement.

À l’heure où tous les jours nous servons les familles et -accessoirement- notre employeur, voilà un sujet sensible qui occupera sûrement les débats internes très rapidement. Parallèlement à de très proches négociations annuelles obligatoires connues plus communément sous le nom de N.A.O. Le suspens est aussi grand que la date de fin du confinement : prime ou pas prime ?