Association « branche des pompes funèbres », un couac symptomatique

Fin 2021 l’association « branche pompes funèbres » a vu le jour, permettant de collecter les moyens de fonctionnement de la CPPNI (Commission Paritaire Permanente de Négociation et d’Interprétation), elle même mise en place un an plus tôt. Pourtant, nombreux sont les petits patrons à tomber des nues lors de l’appel au financement d’un dialogue social déjà compliqué

Et en ce début d’année 2022, premier cafouillage : une communication « surprise » en direction des entreprises, générant incompréhension et défiance, principalement chez les dirigeants de TPE-PME qui, il faut bien le dire, ignorent déjà pour une large majorité les dispositions de la convention collective, voire de la loi, dans leurs établissements. Rares sont ceux qui appliquent correctement la convention collective.

Nombreux sont les témoignages glanés ça et là qui en attestent :

  • « mon employeur me fait croire que je lui dois des heures quand je ne sors pas pendant mes astreintes »
  • « jamais les 11 heures de repos ne sont respectées dans mon entreprise »
  • « je n’ai pas eu droit à une visite de reprise après mon congé maternité »
  • « ma classification ne correspond pas aux tâches que l’on me demande d’effectuer »
  • « la grille de salaire conventionnelle n’est pas respectée, mon patron ne veut pas me verser le rattrapage qui m’est dû depuis 2 ans… »
  • Etc.

Du grand n’importe quoi donc, sans parler des discussions de café du commerce sur l’inutilité de la formation des CF ou des MC ou l’inutilité de la transparence tarifaire via les devis types, obligations balayées d’un revers de main par des gérants ingérables se comportant en employeurs paternalistes : « toutes ces règles ça nous bouffe ! on va en crever ! » se défendent-ils pour échapper à leurs responsabilités. On connait la chanson.

Comme dans les EHPAD, le problème du funéraire c’est le contrôle, ou plutôt l’absence de contrôle… Le résultat est comme partout ailleurs : une impression d’impunité et de toute puissance pour des patrons complètement dépassés et peu sensibles/formés aux notions de responsabilité sociale et environnementale et de respect des travailleurs essentiels qui font tourner leurs entreprises.

Mais revenons à nos moutons : le couac de l’association « branche pompes funèbres » est donc l’arbre de la défiance qui cache la forêt de l’ignorance. Ainsi il s’agit de faire découvrir ou plutôt redécouvrir à nos chers patrons qui adorent passer à la télé, qu’ils font partie d’un ensemble, que cet ensemble s’appelle une branche professionnelle et que cette branche professionnelle est codifiée par des accords collectifs qui s’appliquent à quiconque exerce une activité principale de service funéraire.

Et donc, sur le même principe, les entreprises ont l’obligation de cotiser de plein droit pour participer au financement des instances de la branche professionnelle des services funéraires. Et c’est ce qu’il se passe dans d’autres branches ! Mais l’obligation est là encore vite balayée d’un autre revers de main : « je connais pas alors je cotise pas ! ». On caricature à peine, hélas. C’est le degré zéro de la réflexion.

La CPFM et la FFPF ont sans doute prévenu leurs adhérents en interne et en amont, mais pour l’écrasante majorité de petits patrons orphelins d’une fédération patronale c’est « Rendez-vous en Terre Inconnue » !

A tel point qu’il a fallu que nos équipes tentent de déminer le sujet directement là où les professionnels savent le mieux se regrouper pour échanger les potins sur le dernier fait divers en date : Facebook. Et pour le coup, l’information délivrée bien trop tard par les fédérations patronales a été partagée. Car chacun gagne à jouer collectif en ce domaine.

Voilà pour le microcosme dans lequel doit travailler la CFDT pour une meilleure structuration de notre branche professionnelle. La route est encore longue…